C'est la partie du dossier que tout le monde bâcle, et celle que tout lecteur sérieux ouvre en premier. Un banquier, un investisseur ou un associé potentiel ne juge pas votre enthousiasme : il regarde d'où viennent vos chiffres, et combien de temps il vous faut pour couvrir vos charges.

La difficulté n'est pas mathématique. Les formules tiennent en trois lignes et n'ont pas changé depuis quarante ans. La difficulté est de résister à la tentation du chiffre rond et rassurant. « Un marché de deux milliards d'euros, on en prend 1 % » n'est pas une estimation, c'est une figure de style — et un lecteur expérimenté la repère en une seconde. À l'inverse, une chaîne de calcul où chaque filtre appliqué est explicite et rattaché à une source vérifiable inspire immédiatement confiance, même si le résultat final est modeste.

Les articles de cette catégorie traitent le chiffrage comme un travail de traçabilité plus que de calcul. Chaque méthode est déroulée sur un exemple complet, avec les hypothèses posées à découvert, les sources publiques où aller les chercher — Insee, Bpifrance, fédérations professionnelles, greffes des tribunaux de commerce — et le test de sensibilité qui montre lesquelles de vos hypothèses font réellement basculer le résultat.

Une règle vaut pour tout ce qui suit : un chiffre que vous ne pouvez pas défendre ligne par ligne devant quelqu'un qui vous contredit n'est pas un chiffre, c'est un espoir. Mieux vaut un TAM plus petit que vous savez justifier qu'un TAM spectaculaire qui s'effondre à la première question.